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Didiéni, la Maison du retour et de la solidarité

«Awn dé ya kè ! » - « C’est nous qui l’avons fait !»

Le contexte

Réalisée par le Centre Amadou Hampâté Ba (CAHBA) et le Forum pour un autre Mali (FORAM) à Didiéni (dans la région de Koulikoro) en coopération avec l’Agence Espagnole de Coopération Internationale de Développement (AECID), « La Maison du retour et de la solidarité » est une initiative citoyenne de reconstruction personnelle, communautaire et environnementale.avec l’Agence Espagnole de Coopération Internationale de Développement (AECID), la Maison du retour et de la solidarité est une initiative citoyenne de reconstruction personnelle, communautaire et environnementale. La plupart des projets migratoires sont motivés par le désir de se réaliser par le travail, le revenu et la reconnaissance des siens à qui l’on vient en aide. Au-delà des besoins vitaux immédiats, que sont l’alimentation, la santé et l’eau potable, la construction d’une habitation pour soi et sa famille est l’un des symboles forts de la réussite du migrant ainsi qu’une raison de revenir vivre dans son pays. Cette réalité est apparue clairement à l’équipe du Centre et aux membres du FORAM en écoutant les retournés de Ceuta et Melilla. Le projet de réaliser une Maison du retour et de la solidarité à Didiéni qui est en même temps un technopole populaire a été retenu lors de Migrances 2007. Il s’agit de permettre aux migrants de retour et aux candidats potentiels au départ dans la clandestinité de découvrir les avantages économiques et écologiques de la construction en matériaux locaux et de participer eux-mêmes à la création d’emplois, la transformation des conditions de vie et la protection de l’environnement. Deux cents cinquante femmes dont des mères de disparus et des veuves sont impliquées dans cette initiative, la situation de dénuement matérielle et la souffrance morale des mères étant l’une des causes des départs.

Les objectifs

La réalisation à Didiéni de la Maison du retour et de la solidarité avec la participation des jeunes et des femmes vise à : - créer à titre expérimental et documenter les conditions matérielles et psychologiques de la réinsertion sociale des migrants de retour et des candidats potentiels au départ par la valorisation des matériaux locaux, l’exploration et la maitrise de nouvelles réponses au chômage, la paupérisation et l’exil ; - promouvoir et partager avec les jeunes et les familles une nouvelle approche de la réussite sociale et économique à travers des activités concrètes écologiquement saines, génératrices d'emplois et de revenus ; - promouvoir le changement de regard des Maliens et Maliennes d’une part sur leurs compatriotes dont le projet migratoire n’a pas abouti et d’autre part sur les solutions alternatives dont l’architecture bioclimatique en démontrant le confort et le coût abordable.

Les fonctions

Cette maison est destinée à accueillir les visiteurs et à rendre possible la rencontre avec l’autre (tourisme alternatif, accueil des migrants de retour, de jeunes venant séjourner à Didiéni dans le cadre d'échanges culturels, de stages de formation et d’atelier d’écriture et de création, etc.). - Elle dispose d’espaces de formation aux techniques simples de construction, de débat, de restauration, de créativité et de loisirs. - Une trentaine de migrants de retour animeront et gèreront la maison du retour et de la solidarité où ils exerceront différentes activités : artisanat, bijouterie, menuiserie, ébénisterie, restauration, hôtellerie…. - Ils s’organiseront en une coopérative de prestation de services en architecture bioclimatique, transformation locale du coton et d’autres produits locaux (des produits de qualité réalisés par eux dans les domaines énumérés ci-dessus seront promus localement et exportés).

Pourquoi Didiéni ?

Démographie - La commune rurale de Didiéni compte 37 765 habitants pour 1 651 familles composée de Bambara, Maure et de Sarakolés dont 18 613 hommes (soit 49,30%) et de 19 147 femmes (soit 50,70%). Architecture : Didiéni se trouve en pays sahélien, riche d’une tradition architecturale en terre remarquable, mais qui n’est pas revendiquée. Le signe affiché de réussite sociale est trop souvent symbolisé par des constructions en parpaing avec des toits de tôle. Impropres au climat, elles sont coûteuses, ajoutant encore à la dépendance. Il y a en effet dans le paysage, beaucoup de maisons qui n’ont jamais été achevées, faute d’avoir pu acheter des matériaux.

Activités économiques - Pratiquée de façon extensive, l’agriculture constitue la principale activité économique de la commune occupant plus de 80% de la population. Elle est basée sur la satisfaction des besoins alimentaires. Quant aux cultures de rente, la culture arachidière est jusque là la plus développée. Mais la culture de pastèque connaît un développement exponentiel concurrençant même par endroit la culture vivrière. L’activité maraîchère prend de plus en plus de l’ampleur avec les périmètres maraîchers. Les principales cultures au niveau de ces périmètres sont : l’oignon, la pomme de terre, le chou, le piment et le tabac. Il est à signaler que la production locale ne couvre que partiellement les besoins alimentaires de la population. C’est pourquoi il a été ressenti la nécessité d’implanter les banques de céréales, dont la gestion pose par endroit des problèmes, afin de permettre à la population de pouvoir s’approvisionner en période de soudure à des coûts réduits. Parmi les activités commerciales, le commerce du bétail occupe une place prépondérante. Intermédiaire entre Nara et Kati, la commune dispose du marché de bétail le plus important du cercle. Elle est en outre traversée par deux pistes commerciales de bétail (Diéma-Didiéni-Kati et nara-didiéni-Kati).

Et si vous veniez apprécier par vous mêmes ?

Une quinzaine de chambres permet de loger une trentaine de personnes et différents espaces de rencontre (la paillotte et d’un espace-atelier). Le site compte aussi un forage de 70 mètres fonctionnel, une clôture pour protéger du bétail en divagation et ses premières toilettes sèches. Les premiers villageois qui ont visité le site ont été impressionnés par l’esthétisme de la construction et la température agréable qui règne dans les bâtiments contrastant fortement avec celle des maisons en béton du village. Les jeunes retrouvent peu à peu l’élan brisé qui les pousse à partir, le cycle infernal de l’errance est interrompu, l’estime de soi se manifeste. Ainsi, les jeunes qui accueillent les visiteurs sous le toit protecteur (soutoura) de la Maison du retour et de la solidarité ne sont pas peu fiers de pouvoir dire selon la formule consacrée :

«Awn dé ya kè ! » - « C’est nous qui l’avons fait !»

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Mars 2009 - Briques et fondations

Mai 2009 - Les murs s'élèvent - Réunion de chantier

Décembre 2009 - Les travaux avancent - Une autre réunion de chantier

Janvier 2010 - Les finitions

Mars 2010 - Les premiers artisans investissent la Maison